Quand l’œnotourisme fait revivre l’épopée du Midi viticole |Midi Libre

Publié le  , mis à jour 

Article rédigé par Michel Lestel

Les membres du Club de l’éco de L’Indépendant ont remonté le fil de l’histoire du Languedoc viticole, à l’occasion d’une immersion, au Château Fabre de Luc. Une rencontre placée sous le signe de la transmission et de l’œnotourisme, qui a permis aux participants de découvrir les grandes heures, mais aussi les crises, qui ont façonné l’identité du vignoble régional.

Please close pop-out player to resume playback.

Accueillis par Jeanne Fabre, responsable œnotourisme du domaine, les visiteurs ont entrepris un véritable voyage dans le temps. Aux côtés d’Audrey Laforgue, responsable Aude, de l’agence de communication partenaire, Evelyne et de Véronique Andrieu, responsable promotion événementielle de L’Indépendant, les membres du Club de l’éco ont pu mesurer combien l’histoire du Languedoc est intimement liée à celle de la vigne.

Au fil de la visite, Jeanne Fabre a notamment rappelé que la monoculture de la vigne s’était imposée naturellement par nécessité à une époque où le vin constituait une boisson quotidienne indispensable. « On buvait alors, en moyenne, entre 3 et 5 litres de vin par jour », expliquait-elle. L’eau étant souvent impropre à la consommation, le vin était considéré comme une source d’énergie pour les ouvriers agricoles et les travailleurs. La guide a évoqué l’âge d’or du vignoble languedocien, lorsque les rendements pouvaient atteindre jusqu’à 300 hectolitres à l’hectare. Une prospérité spectaculaire qui a permis à certains propriétaires de faire fortune, en quelques récoltes seulement.

Mais cette prospérité a été brutalement interrompue. L’intervenante détaillait les causes de la grande crise viticole qui secoua le Midi au début du XXe siècle. Surproduction, effondrement des cours, concurrence des vins importés d’Algérie et multiplication des fraudes vinicoles, ont progressivement fragilisé l’économie régionale.

« Lorsque l’on met tous ses œufs dans le même panier, le risque est immense », rappelait-elle en évoquant les dérives de la monoculture. Les vins frauduleux, à partir du jus de betterave et du sucre ajouté. L’arrivée du phylloxéra, ce puceron ravageur qui détruisait une grande partie du vignoble ont accentué la crise. La colère a grondé dans tout le Midi. La révolte de 1907, illustrait ce désarroi, lorsque près de 800 000 manifestants descendirent dans la rue.

Fidèle à sa vocation œnotouristique, la famille Fabre propose à ses visiteurs un original escape game, inspiré de l’histoire viticole locale. La découverte s’est poursuivie dans la cave souterraine du château. Dans la pénombre des galeries, les visiteurs ont pu observer les barriques où vieillissent les vins de garde du domaine. Point d’orgue de cette immersion, une dégustation commentée a permis aux membres du Club de l’éco d’apprécier le savoir-faire du domaine, avant de prolonger les échanges autour d’un dîner convivial organisé dans les cuisines du château.