Irma Coulon
Depuis 1639, la propriété du Château de Coulon Vérédus appartenait à la famille d’Irma Coulon fille de Marie-Anne Hortala. En 1867, elle épouse Auguste Fabre, et le Château Coulon Vérédus entre dans le giron des propriétés familiales. Dix-sept ans ans plus tard, en 1884, Auguste décède et Irma doit gérer, seule, le domaine pendant plus de 30 ans, jusqu’à la fin de la Grande Guerre de 1914. Avec une énergie remarquable, elle parvient à rassembler les terres de Hautes Bacaune, auparavant dispersées dans sa parenté, et organise la culture de la vigne telle qu’elle y est encore pratiquée aujourd’hui. Le vignoble se remet tout juste des ravages causés par l’oïdium, quand, en 1897, il doit affronter la terrible invasion du phylloxéra. Irma Coulon n’a pas d’autre solution que de replanter des pieds américains sur lesquels elle fait greffer les précieux cépages régionaux traditionnels: Espar (l’ancêtre du Mourvèdre) et Carignan. Héritière d’une famille de verriers anoblie sous Saint-Louis, elle restera dans la mémoire comme une femme de grand caractère et de génie, qui a su à force de travail et de persévérance redresser l'entreprise familiale.
André Fabre
André Fabre, rebaptisé Paton par ses 13 petits enfants est né un 3 juin 1904. Il épouse Jacqueline Baldy dit Mimi le 25 mai 1950. Après des études d'économie, de droit ou encore de finance, Paton décide de reprendre la propriété familiale à la suite d'un terrible orage de grèle. Passionné par la fiscalité et les éditions Lefebre qu'il lira chaque année afin de se tenir à jour, Paton fera toute sa vie figure de sage, même s'il visitait les propriétés au volant d'une Bugatti type 59, qu'il revendit après a guerre faut de nouveau pneu. De nombreuses personnes de la région se confieront à lui, lui demandant conseil pour telle ou telle affaire. En hommage, la salle du peuple de Cruscades, inaugurée en 2003, porte son nom. Petit fils d'un inventeur génial qui a notamment mis au point un colorimètre pour mesurer la couleur du vin, il hérite d'un sens de la créativité et d'une volonté d'innovation. Il créera notre fameux wagonnet, toujours utilisé aujourd'hui afin de préserver toute la fraicheur et les tanins du raisin et d'optimiser la macération carbonique. Soucieux de l'environnement, Paton est avant-gardiste; il décide de convertir ses vignes en agriculture raisonnée, véritable prophète en son temps. Paton nous a quitté à l'âge vénérable de 94ans , nous laissant un bel héritage.
Louis Fabre
Né en 1953, Louis Fabre dit Loulou est le fils héritier. Il arrive en numéro deux entre sa grande soeur Marie Teisserenc et sa petite soeur Anne de Chefdebien. Après des études d'économie et une préparation de mathématique à Sainte Geneviève, il fait l'école de chimie de Lyon. Rattrapé par le passé, il oublie sa carrière d'ingénieur chez Kodac pour faire l'agro Paris et oenologie. Lorsqu’il reprend l’exploitation des domaines familiaux en 1982, Louis Fabre, tout en respectant la pérennité des vignobles de son grand-père et de son père, renouvelle environ une dizaine d’hectares par an. Il privilégie des plants moins productifs et plus adaptés à la qualité des vins qu’il souhaite élever. Parallèlement, il entreprend la réforme des chais de vinification de chaque propriété : rénovation de la cuverie avec un revêtement époxy, aménagement des quais de réception, mise en place d'un système de réfrigération, etc… Peu à peu, son équipe s’enrichit. Sa sœur Marie vient le seconder pour assurer un suivi commercial adapté à chacun des domaines. En 2000, il se lance dans la mise en place d’une charte d'agriculture raisonnée aux Châteaux de Luc et Gasparets ainsi qu’à la Grande Courtade. Parallèlement, avec le Fédération des Caves Particulières, il crée une démarche qualité : le label AFAQ. Son but : écrire son savoir-faire, assurer la traçabilité des processus de production du vin, lisser la qualité (harmonisation et fiabilité).
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