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Histoire
De l’histoire familiale, on retiendra le testament de Jean Fabre, daté du 8 avril 1826, qui donne la liste des terres exploitées par Louis Fabre aujourd’hui. « Charles, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut. Faisons savoir que, l’an mil huit cent vingt-cinq et le 8 avril, à Gasparets, (…) sont comparus le sieur Jean Fabre, père, propriétaire foncier demeurant et domicilié au hameau de Gasparets (…), lequel étant avancé en âge et désirant se délivrer de l’administration de ses biens qui lui devenait onéreuse et assurer à tous ses enfants une transmission juste et légale qui les mette à l’abri de toute discussion (…) ». Suit la liste des biens affectés à chaque enfant : « La moitié de la maison paternelle du donateur, une petite vigne sous Louis Denat, un mailheul (jeune vigne), de la terre douce (…), le grand mailheul de la Gravette, la grande vigne de la serre (…), une paire de mules, un pressoir, quatre vingt dix bêtes à laine, quatre tonneaux vides cerclés en fer pouvant contenir cent hectolitres, une cuve cerclée en fer, (…) ». Depuis cette période, les descendants des 6 enfants de Jean Fabre se sont relayés à Gasparets.
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Terroir
Malgré des facteurs très contrastés - un sol pauvre et caillouteux, mais profond ; un climat austère ; une succession de petites collines où les vignes sont entourées de pinèdes et de garrigues – Gasparets s’avère un lieu d’équilibre. Le mourvèdre aime ces conditions. Mais c’est aussi et surtout le terrain béni des vieux carignans, raison pour laquelle ce cépage doit entrer à concurrence d’au moins 30 % dans la composition des vins de l’appellation Corbières Boutenac. La composition des sols est d’une grande variété : poudingues défaits datant du miocène, glacis limono-sableux localement décarbonatés, affleurements gréso-argileux, galets siliceux émoussés roulés dans une matrice limono-calcaire.
Climat
Bien que Gasparets soit en zone méditerranéenne, son terroir témoigne d’une belle fraîcheur grâce à son environnement montagneux particulier : entre Gasparets et la Méditerranée, les collines de Fontfroide filtrent les nuages poussés par le Marin. Ce vent humide, qui souffle essentiellement au printemps et en automne, permet de rafraîchir l’atmosphère et favorise une bonne maturation des raisins, en particulier du mourvèdre. Ce terroir est équilibré entre des facteurs très contrastés. Le sol est pauvre et caillouteux, mais pourtant profond. Le climat respire l’austérité, car le cers souffle avec puissance, même s’il jouit d’une influence maritime bénéfique (la mer Méditerranée n’est qu’à 20 km). Le Cers, vent du nord-ouest dominant, se montre souvent violent, très sec et desséchant. Canalisé par la montagne l’Alaric, il s’engouffre dans la Vallée de l’Aude où sa vitesse s’accélère. Les rares orages arrivent de nuages qui parviennent à franchir le sommet, ce qui explique le proverbe occitan : « si l’Alaric porte oun capel (chapeau) prends garde pastourel (berger) ». La constitution des sols permet aux vieilles vignes de puiser en profondeur l’eau dont elles ont besoin, atout non négligeable compte tenu de la faible pluviométrie. Chaque année, le premier mardi d’août, les vignerons du canton se rendent en pèlerinage à la chapelle de Saint Siméon dans la garrigue, au-dessus de Boutenac, pour lui demander la pluie.
Culture
La densité de plantation - 3 300 à 4 400 pieds/hectare - permet de réduire l’évaporation de l’eau par les feuilles. Sur ces sols pentus et secs, le contrôle des maladies cryptogamiques s’avère assez facile. Des fossés, creusés à flanc de coteaux, limitent le ravinement provoqué par les violents orages.
Encépagement
Exclusivement rouges : Les terres les plus profondes sont réservées à la culture de la syrah ; celles bien exposées au Marin, portent le mourvèdre ; le grenache et le carignan occupent les sols réputés plus difficiles. Les plants de grenaches proviennent d’une sélection massale réalisée par le père de Louis Fabre dans les années 30, une qualité exceptionnelle qui, chaque année, l’autorise à vinifier quelques cuvées en surmaturité pour des vins aux arômes de cacao et de fruits bien mûrs. Dans le terroir de Boutenac, le carignan trouve sa plus belle expression, « ingrédient » essentiel à la construction de grands vins avec des finales longues et veloutées.
Une cave originale
Située à proximité du village de Gasparets, sur le flanc de la colline auquel s’adosse le château, au milieu du vignoble, la cave semi-enterrée, offre un accès côté colline permettant aux wagonnets qui transportent le raisin d’être directement vidés dans les cuves. Ce système favorise les vinifications en grains entiers, comme le veut la tradition dans les Corbières, notamment pour le Carignan qui livre le meilleur de lui-même grâce à cette méthode.
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